Mais ce qui persiste en moi est ce fragment d’inhumanité…

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Réveillon du Nouvel An 2006, Hôtel Formule 1, Simon seul et déboussolé dans une chambre sordide. Voilà le décor des premières lignes. Le narrateur vient de quitter sa femme et il s’apprête à repartir sur les traces de son passé, d’un passé douloureux et inhumain, d’un passé qu’il croit être la solution à son malheur, au Rwanda. Alors qu’il était soldat de la Minuar en 1994, il débarque à Kigali pour une mission de maintien de la paix. Il découvre un pays magnifique et il fait la rencontre de deux femmes aussi différentes que complémentaires, Chiara et Fortunée, qui ne cesseront de hanter sa vie. Il prend un rythme agréable. Il vit des moments heureux. C’est alors que l’attentat contre le président Habyarimana marque le début d’un génocide atroce et efficace qui sera la cause de près d’un million de morts. Impuissant face à ce massacre, il n’en ressortira pas sain et sauf.

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Réveillon du Nouvel An 2006, Hôtel Formule 1, Simon seul et déboussolé dans une chambre sordide. Voilà le décor des premières lignes. Le narrateur vient de quitter sa femme et il s’apprête à repartir sur les traces de son passé, d’un passé douloureux et inhumain, d’un passé qu’il croit être la solution à son malheur, au Rwanda. Alors qu’il était soldat de la Minuar en 1994, il débarque à Kigali pour une mission de maintien de la paix. Il découvre un pays magnifique et il fait la rencontre de deux femmes aussi différentes que complémentaires, Chiara et Fortunée, qui ne cesseront de hanter sa vie. Il prend un rythme agréable. Il vit des moments heureux. C’est alors que l’attentat contre le président Habyarimana marque le début d’un génocide atroce et efficace qui sera la cause de près d’un million de morts. Impuissant face à ce massacre, il n’en ressortira pas sain et sauf.

Joël Schuermans nous livre dans ce roman l’histoire d’une vie marquée à jamais par ce terrible événement. Ce retour sur le génocide rwandais est un témoignage poignant sur la barbarie humaine, sur l’inhumanité, sur l’échec d’une mission sensée maintenir la paix. Simon est un soldat, il est aux premières loges de ce spectacle sanglant dont les victimes se comptent par centaines et même par milliers chaque jour. Il ne comprend pas ce qui se passe, il ne peut y croire. Il le vit, le sent, le ressent et l’entend. Le regard que porte Simon sur ce massacre est différent puisqu’il n’est ni du côté des victimes ni de celui des bourreaux. Il est un observateur extérieur qui aurait pu agir, qui aurait dû agir, mais qui n’a rien pu ou su faire. Son regard est spontané, sincère, incrédule et naïf. Il est dans l’action mais se sent totalement inactif.

Oui, on pourrait discuter sur l’implication des soldats qui auraient dû agir. Oui, il est scandaleux d’avoir abandonné une population à un destin inimaginable, livrée à la haine. Mais dans ce roman, il nous montre quelles étaient les actions possibles pour de simples soldats qui ne comprenaient pas, qui n’avaient pas le droit de défendre, de tirer, d’agir, dont le seul pouvoir était de se montrer au final. Quelle frustration ! Mais quelle responsabilité aussi ! L’auteur nous montre l’horreur sans exagération, sans fioritures, dans sa brutalité, dans sa réalité, sans emphase. Le lecteur en a mal, le lecteur ne peut supporter, le lecteur pourtant ne lâche pas le roman, parce que le lecteur, comme Simon, ne peut y croire tout en sachant que c’est réel, que c’est vrai. Quand la réalité dépasse la raison.

Et puis ce roman accuse. Il porte un regard critique sans l’être réellement sur le manque de préparation des militaires à faire face à ce type de situations, sur le manque de réactivité de l’ONU, sur le retrait des troupes belges, sur l’implication d’une certaine nation.

Et puis encore, ce roman montre les ravages qu’un tel événement peut faire sur un jeune homme déjà fragile : la dépression, le besoin de trouver la paix sans jamais accepter de l’aide. Simon est un gars fragile, un gars insupportable qu’on a envie de secouer, complètement fou, névrosé et dangereux. Simon est un antihéros et pourtant on s’attache à lui, on ne lui pardonne pas mais on compatit. Et comme dans son premier roman, la force de l’auteur, c’est de nous livrer des personnages réels, sympathiques sans l’être et pour lesquels on éprouve de la compassion tout en les détestant.

Ce roman n’est pas seulement le témoignage d’un acte inhumain, il évoque aussi l’abandon, la peur de l’abandon, la folie, les femmes et l’amour, la mère et les femmes, l’amitié fraternelle et la possibilité d’exorciser ses démons par la création. On sort pas indemne de Mais ce qui persiste en moi est ce fragment d’inhumanité.

Mais ce qui persiste en moi est ce fragment d’inhumanité…, Joël Schuermans, Editions Memory, 2011 – ISBN : 978-2874131516

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