Syracuse, SicileEn cette belle matinée d’août, le ciel est bleu, le soleil brille, un vent tiède très agréable nous rafraîchit, nous déambulons tranquillement dans les ruelles d’Ortigia, à Syracuse, après avoir quitté l’agitation du marché matinal où vendeurs de poissons, de fruits et de légumes offrent un spectacle dont je ne me lasserai jamais. Une profusion de couleurs sur les étals et d’odeurs marines. On attire le chaland en criant les prix du jour. On discute, on goûte, on se laisse finalement tenter par les raisins et les pêches qu’on déguste dans le calme des ruelles juste derrière le marché. Au détour de l’une d’elles, nous tombons sur cette maison qui nous rappelle que la vieille ville est encore habitée au quotidien, qu’Ortigia n’est pas devenue un musée où ne subsisteraient que les commerces destinés aux touristes. Nous profitons d’une parenthèse hors du temps. D’une plongée dans l’Histoire. Car Ortigia offre à ses visiteurs à la fois les vestiges d’un temple grec du 7e s. av. J.C., le temple d’Apollon, des églises paléochrétiennes des 2e et 3e s., une cathédrale baroque intégrée dans un temple grec antique sur la baroque Piazza Duomo, des palais médiévaux, un vieux quartier juif.

Cette photo m’évoque de beaux souvenirs. Souvenirs d’un voyage en train en amoureux vers un lieu dont le nom nous faisait rêver, vers un bout du monde. Souvenirs aussi de douceur. De silence quelque fois troublé par des bribes de conversations sorties des portes et fenêtres grandes ouvertes de ces petites maisons, par des coups de marteau sur un chantier de rénovation, par le vrombissement d’un scooter puisqu’ici les voitures ne savent pas passer. D’une Italie rêvée avec le linge qui sèche aux balcons, les chats qui se prélassent à l’ombre de pots de fleurs, les vieilles dames assises sur une chaise devant leur porte, le léger désordre méditerranéen, les lauriers centenaires qui sont de véritables œuvres d’art. Souvenirs aussi de saveurs siciliennes. Les granita au citron ou aux amandes avec les brioches légèrement parfumées à la fleur d’oranger, les pasta alle vongole bien relevées ou les célèbres cannoli. Souvenirs aussi de la lumière intense et du contraste entre le bleu profond de la mer et le jaune des pierres de la plage et des bâtiments de la vieille ville. Souvenirs gravés. Sur des airs de Gianmaria Testa.

A évoquer ces souvenirs de Syracuse, l’envie de retourner en Sicile et de passer quelques mois sur cette île où le soleil, en plein été, ne laisse aucun répit, où la cuisine excite les papilles, où le temps semble prendre son temps, me presse.