Blog et carnet de voyage d'une maman, d'un papa et de leur fils autour du monde

Donner du sens au voyage

Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours rêvé secrètement d’aventures et d’expéditions. Je rêvais d’embarquer sur un bateau pour devenir écrivain de bord. Ou d’aller en Afghanistan pour aider à défendre les droits des femmes. Ou encore de soigner les animaux de la savane africaine victimes de braconnage. Je rêvais de découvrir le Kamchatka et de traverser le Sahara d’ouest en est. Je rêvais de découvertes, de nouveaux paysages, d’expériences fortes, d’éblouissements. Je me voulais livrée au monde. Je me voulais vivante. Vibrante. Exploratrice. Engagée. Qu’en ai-je fait de ces rêves ? Ai-je été à leur hauteur ? Il n’est pas encore question de bilan mais, depuis notre voyage au Sénégal, je m’interroge sur le sens de mes voyages. Est-ce que je voyage comme cette jeune fille l’imaginait ? Est-ce que je suis engagée ? Est-ce que je vis des aventures ? Est-ce que mes déplacements ont du sens ?Donner du sens au voyage... Le sens et les valeurs...

Un impératif : le mouvement

Est-ce les gênes ancestraux qui coulent dans mes veines ? Ou le fait que je me sente comme un ours en cage lorsque je suis entre quatre murs ? Le fait est que j’ai besoin de mouvement, de déplacement, de changement. La répétition m’ennuie. Le quotidien m’angoisse. Je dépéris après quelques mois dans la même situation. Je n’y peux rien. C’est comme ça. Au plus profond de moi. Il me faut alors déménager et changer d’emploi. Changer de lieu, d’énergie, de paysage. S’en aller. Cela rend ma vie tout à fait instable, imprévue, désorganisée. Et j’aime ça ! Il m’a fallu du temps pour arrêter de lutter contre cette force qui m’anime. Et surtout la comprendre et vivre avec. Petit à petit, je l’apprivoise et j’écris ma vie en fonction. Avec le mouvement. Avec ce besoin de changement. Je prends mes marques. Depuis bientôt 7 ans, aucune année ne ressemble à l’autre. Et toutes ont été intenses et riches en expériences. J’ai appris beaucoup sur moi, sur le monde, sur les relations. Le mouvement m’est toujours essentiel mais avec sûrement plus de maturité et de conscience. J’aime toujours autant être sur la route. Conduire et voir les paysages défiler. Libre de mes mouvements. Libre de m’arrêter. Dans la simplicité de la route. S’arrêter et être dehors. Marcher, sentir le soleil me réchauffer ou la pluie couler sur le visage, pique-niquer. Ecouter le silence une fois le moteur arrêté. Ecouter de la musique la fenêtre ouverte avec le vent qui fait danser mes cheveux. J’aime la route.Road trip dans l'Hérault... Donner du sens au voyage J’aime aussi prendre le train. Me laisser glisser sur les rails, bercée par le roulis du train, les yeux perdus dans le paysage. Je me sens pleinement présente au monde. Là où je dois être. A ma place. Et puis, j’aime marcher. Ecouter la nature. Mettre mon corps en mouvement. Sentir la distance, le sol, l’air. Avoir mal aux jambes et au dos après une journée de marche. J’aime observer la nature et ses secrets. Conduire, marcher, prendre le train… Le corps en mouvement. L’esprit serein. Là où je dois être à chaque fois.

J’suis pas une fille qui court après les hommes, c’est ça que je veux dire, les hommes je m’en fous, mais il faut me laisser libre autrement je m’en vais… De toute façon je m’en vais toujours. Je peux pas m’en empêcher. Ça me rend folle quand on m’oblige à rester, dans un lit, une maison, ça me rend mauvaise. Je suis pas vivable. Être une petite femelle c’est pas pour moi. Je veux qu’on me laisse courir.

Donner un sens au mouvement

Pourtant, je prends conscience que, bien que je sois dans le mouvement, je ne fais que visiter, être de passage, profiter, prendre sans rien donner, sans m’engager, sans réellement créer, sans m’imprégner. Je voyage mais je ne vis pas réellement les aventures que j’imaginais. Tout cela manque un peu d’intensité. D’engagement. De constructif. De créatif. D’absolu. D’entier. De vie… Nous bougeons. Nous visitons. J’emmène mon fils un peu partout. Nous voyons des paysages extraordinaires. Nous vivons des moments de grâce. Nous apprenons beaucoup. Nous baignons dans le mouvement. Nous marchons beaucoup. Nous rencontrons des gens. Nous avons parfois l’impression de vivre l’aventure. Mais quel est le sens de tout ça ? Qu’est-ce que j’en retire ? A vrai dire, ces voyages m’ont apporté beaucoup et m’amènent justement à me poser la question du sens. Donc, je ne les regrette pas. Je les bénis. Ils ont fait ce que je suis. Et j’ai désormais envie de voyager autrement. De donner du sens à mes déplacements. De créer un projet. D’aborder le voyage avec un angle d’approche. Une vision. Ou une action. J’ai décidé de faire de ma vie un voyage. Je ne peux pas continuer à juste être touriste, à me balader en découvrant les attractions touristiques et musées, à aller d’hôtels en hôtels. Je ne me sens pas en paix dans cette manière de faire.Donner du sens au voyage surtout lorsque l'on a un enfant... En regardant Saint-Malo Alors, donner du sens, c’est, pour moi, aller plus lentement, s’imprégner, comprendre, explorer un endroit, créer du lien, s’immerger. C’est avoir une raison d’être où l’on est autre que la satisfaction d’un plaisir personnel. C’est être témoin du monde, des traditions, des réalités écologiques, sociales, économiques et culturelles. Être témoin du passé et du présent. Du futur qui s’annonce. Être témoin des bouleversements qui chamboulent le monde. Être témoin pour éveiller les consciences. Être témoin pour agir. Au travers de l’écriture et de la photographie. En Grèce, au Mali ou en Inde par exemple. C’est aussi, d’une manière peut-être moins ambitieuse et plus égoïste, voyager en suivant une thématique ou en poursuivant un objectif clairement défini. Voyager avec des projets bien précis qui justifient le voyage et notre présence. Enfin, donner du sens au voyage, c’est également remettre en perspective et prendre de la distance par rapport à nos modes de vie, à notre manière d’appréhender le monde et à nos normes sociales. Apprendre à relativiser, à s’ouvrir et à tolérer. Ce sens me semble d’autant plus important lorsque l’on a un enfant. Alors, au lieu de visiter un endroit en quelques heures ou quelques jours, il me semble bien plus intéressant de vivre là où d’autres vivent différemment. Voir peut-être moins de curiosités naturelles, moins d’attractions touristiques pour être plus en contact avec le quotidien, avec les valeurs, avec une autre perception du monde. Et donc, cela implique de prendre le temps. Prendre le temps de s’imprégner. De se poser. De regarder. De sourire. De parler. De marcher. De jouer. Prendre le temps pour partager. Et donner du sens.

Une révélation au Sénégal

Se mêler à la danse traditionnelle diola à Cachouane, Casamance, Sénégal. Donner du sens au voyageAu Sénégal, chaque personne rencontrée me demandait si j’étais en vacances ou comment se passaient mes vacances. Mais pour moi, je n’étais pas en vacances. Et pourtant, j’étais bel et bien en vacances. Qu’est-ce que je faisais là ? Je visitais la Casamance. Sans itinéraire, sans préparation, sans budget. Avec un billet retour. Je n’avais pas d’autre but que celui d’être là et de visiter le pays. Et je me suis sentie inutile, enfant gâtée, chanceuse, indécente même. J’étais dans ce pays en toute liberté et facilité alors que les sénégalais obtiennent très difficilement le visa pour se déplacer librement et n’ont souvent pas les moyens. Et que fais-je de cette liberté et de cette chance ? Je visite. Je n’apporte rien. Je ne crée rien. Enfin, j’ai le loisir d’écrire pour mon blog. Je fais vivre des expériences enrichissantes et inestimables à mon fils. Pas assez. Pas entièrement. J’ai ressenti les prémices de ce que pouvait être le voyage comme je l’imagine à présent lorsque nous sommes restés une semaine à Cachouane. Je me suis sentie commencer à faire partie du village. Sacha a vécu avec les enfants et a même eu la chance de passer une matinée entière à l’école. J’aurais pu vivre une expérience d’immersion. Pourtant, je suis partie. J’ai continué le voyage. Toujours animée par la volonté de voir plus. De bouger. Ne réalisant pas encore que j’avais trouvé là ce que je recherchais d’un voyage. Le vide que j’ai ressenti par la suite était d’une part lié à l’absence de Joël et d’autre part à ce manque de profondeur dans mes rencontres tant avec les personnes qu’avec les lieux. L’impression de survoler, d’être uniquement voyeuse. Créant ainsi un manque de vibration. Donc de vie. Depuis, cette question me taraude et je ne cesse de réfléchir à la manière de la résoudre.

Ils étaient dans la vraie vie. Et moi au port, en rade, dans ce rien quotidien ponctué de règles, le jour, la nuit, divisés. Le temps captif. Les heures morcelées en un ordre fixe. Manger, dormir, se laver. Travailler. Et comment s’habiller et pour avoir l’air de quoi. Se servir d’un mouchoir. Les femmes : cheveux domestiqués autour d’un visage rose et lisse. Des larmes me sont venues. Je me suis mouchée entre mes doigts. J’ai regardé encore longtemps la mer. J’attendais le Rebel. L’horizon restait nu.

Quels projets mettre en place ?

Je ne manque pas d’idées. Le plus compliqué, quand on est en couple, est de trouver des projets dans lesquels chacun puisse s’y retrouver. Et d’autant plus quand on a un enfant et qu’un autre nous rejoint pendant les vacances scolaires. La question de l’argent pour réaliser ces projets et assumer certaines charges mensuelles que nous avons essayé de limiter au maximum se pose aussi. Il y a mes envies, le temps qui passe trop ou pas assez vite, ma confiance en moi, l’entourage… Comment définir un nouveau projet de vie ? Comment me définir ? Je n’aime pas me définir. Je n’aime pas rentrer dans des cases. Je n’aime pas porter d’étiquette. Je ne suis rien. Je suis moi dans le monde. Je désire faire ce dans quoi je me sens bonne, à ma place, en paix avec ma conscience aussi. Est-ce un nouveau projet de vie ? Pas vraiment au final. Juste une évolution. Qui implique de prendre des décisions pour l’avenir en intégrant cette nécessité du sens. Pour l’avenir. Mais aussi pour l’immédiat. Pour me sentir vivante. Pour donner du sens à ma vie. Là, Joël est retourné au Mali. Pourrais-je le rejoindre ? Rien n’est moins sûr… Pourtant, y aller aurait énormément de sens pour moi tant d’un point de vue personnel que d’un point de vue solidaire. Même si ce n’est pas l’endroit où l’on rêverait d’aller pour le moment avec un enfant. Même si cela semble assez risqué. Même si… Les semaines à venir vont être décisives à ce sujet. Et puis, sinon, j’ai d’autres projets à mettre en place. Pour l’instant, concrètement, c’est encore flou. Je souhaite faire une longue marche avec Sacha et m’améliorer en photographie. Est-ce que cela a plus de sens que de visiter un pays ? Je n’en sais rien. Je voudrais également continuer d’explorer la Bosnie-Herzégovine et écrire un livre sur ce pays. Et puis, il y a tous les projets que nous avons en commun avec Joël. Des projets qui ont du sens. Un sens artistique. Un sens philosophique. Un constat sur le monde. Alors, bientôt, ces projets redeviendront notre priorité. Et nous retrouverons un sens commun. Et l’intensité de la vie… Et l’absolu !Donner du sens au voyage... Les Errances ferroviaires. Gare de Siegen en Allemagne.

Embarquer, c’est comme épouser le bateau le temps que tu vas bosser pour lui. T’as plus de vie, t’as plus rien à toi. Tu dois obéissance au skipper. Même si c’est un con – il soupire. Je ne sais pas pourquoi j’y suis venu, il dit encore en hochant la tête, je ne sais pas ce qui fait que l’on veuille tant souffrir, pour rien au fond. Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d’amour aussi, il ajoute à mi-voix, jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à haïr le métier, et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du monde vous semble fade, vous ennuie à en devenir fou. Qu’on finit par ne plus pouvoir se passer de ça, de cette ivresse, de ce danger, de cette folie oui !

Le Grand Marin

J’aurais pu mettre des extraits de nombreux récits d’aventuriers. De ces aventuriers qui occupent mes heures de lectures depuis de nombreuses années. Ella Maillart, Nicolas Bouvier, Nicolas Poussin, Bruce Chatwin… Mais j’ai choisi volontairement de partager des extraits tirés du roman de Catherine Poulain, Le Grand Marin. Le récit d’une jeune femme qui rêvait de partir au bout du monde, de rejoindre The last Frontier et qui s’est fait engager sur un bateau de pêche pour vivre intensément, pour ressentir les éléments, pour échapper à l’ennui. Elle y rencontre un monde d’hommes rude, sauvage et effrayant, elle adopte la vie des marins et elle rencontre l’amour. Catherine Poulain a pêché pendant dix ans en Alaska avant de se faire expulser car elle n’avait pas de permis de séjour. Elle livre un récit intense et sauvage. L’appel du large, de la liberté, de la vie. Ce roman est un véritable coup de cœur. Une pépite ! Une admiration pour ce petit bout de femme qui n’a rien à envier aux hommes. Courage, passion, obsession, entêtement. Ce livre est tombé dans mes mains alors que ma réflexion autour du sens que je voulais donner à mes voyages futurs commençait à prendre forme, à s’éclaircir, à s’affiner. Elle est arrivée comme un témoin. Une justification supplémentaire à ce que je ressens. Catherine Poulain est partie pour vivre. Parce que c’était essentiel. Parce qu’elle ne pouvait faire autrement. Elle a vécu une expérience incroyable. Pleine de sens. Sans emphase. Sans démonstration. Sans étalement.Le Grand Marin, Catherine Poulain. Donner du sens au voyage

Rêves et réalité

Et puisque je réfléchis au sens du voyage, j’ai repensé à tous ces rêves que j’avais enfant. Et qui ne se sont pas réalisés. Qui peut-être ne réaliseront jamais. Mais, j’aimerais me reconcentrer sur eux. Sur ce qu’ils sont. Car ils sont toujours là. Tapis dans mon esprit. Ils dirigent mes envies. Mes choix de vie. Je suis une rêveuse. Je vis dans le rêve et j’ai beaucoup de mal à revenir les pieds sur terre. Saint-Exupéry n’écrivait-il pas dans Le Petit Prince, « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité » ? Je m’applique chaque jour à suivre ce conseil. Et je savoure la chance d’avoir vécu des moments de rêve tout comme d’avoir rendu certains rêves réels. Alors, pour tenter de réaliser mes rêves d’enfant, de retrouver le sens perdu du mouvement, je suis en train de me pencher sur la liste de toutes ces envies qui habitent mon esprit. Les analyser une par une, décider de leur pertinence et les préciser au besoin. Je vous livrerai bientôt quelques-uns de ces voyages, de ces expériences, de ces aventures, de ces projets que j’espère concrétiser.Vivre ses rêves... Lahcen, chasseur de serpent dans le désert près de Guelmin au Maroc... Donner du sens au voyage

Et vous, quel sens voulez-vous donner à vos voyages ?

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5 Commentaires

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  1. Tiphanya

    Je te comprends. Je ne te rejoins pas sur tout, mais je te comprends. Tes réflexions me font penser à 2 mois que nous avons passé dans la même ville de Sicile. Nous étions devenus des locaux d’une certaine façon. je faisais un tandem de langue français contre italien, j’avais un élève sur place. Et c’est la façon dont j’espérais voyager, rester suffisamment longtemps pour comprendre le rythme de vie, avoir des repères, saluer son voisin. Tenter de comprendre la vie sur place.
    Dans mes rêves il y a faire de l’ethnologie. C’est très égoïste, pour l’instant je ne fais rien de ces observations, que du plaisir personnel.
    Ta réflexion entre aussi dans des remarques je me suis faite. je pense qu’il faut voyager un certain temps, se laisser maltraiter par la route et les rencontres, pour mieux se connaître, (re)devenir humble et ouvert. Et que ce n’est qu’après que l’on peut s’engager (peu importe comment), donner ce qui sera vraiment nécessaire (et non ce que l’on souhaite donner). Et je sais, que je n’en suis pas encore là. Je n’ai pas dépassé cette première étape (et je ne sais pas si je réussirai à m’abandonner suffisamment à la route pour y parvenir avec satisfaction).
    Je te souhaite en tout cas la réalisation de celle que tu es.

    Et le livre que tu as choisi arrive aussi pile au bon moment pour moi. J’ai écouté une interview de l’auteur sur RFI (le podcast doit toujours être dispo) me demandant, comment une femme à la fois si douce pouvait faire un livre présentant une femme forte. J’avais des doutes, je vais essayer de le trouver.
    Tiphanya Article récent Planckendael ou faire un tour du monde sans quitter la BelgiqueMy Profile

  2. Joel Schuermans

    A l’heure à laquelle la partie de la population mondiale la plus nantie n’a cesse de bouger, de voyager, de visiter pour 2 jours, 3 mois ou 1 an, la question du sens, pour ceux qui décident que le voyage est ce qui définit principalement leur existence, se doit certainement d’être posée.
    Et puisque Voyager, au sens littéraire du terme n’est rien de plus que de se déplacer, de faire un trajet, cette réflexion n’est pas plus importante, pas moins non plus, pour une existence de voyageur que pour une autre.
    Elle est aussi complexe et vieille que l’Humanité, puisqu’il s’agit de définir le sens d’une existence, bien au-delà du fait de voyager ou pas.
    Et il y a autant de réponses qu’il n’y a de voyageurs, d’êtres humains.
    Pourquoi faisons-nous les choses ?
    Parfois pour fuir, pour chercher, pour trouver, se trouver, passer le temps…
    Il n’y a pas de réponse unique et définitive, on peut voyager pour une de ces raisons alternativement ou pour toutes simultanément ou pour d’autres encore.
    Après de nombreuses années passées dans le mouvement, je m’aperçois qu’en fait cette vie de « voyageur » n’a jamais été un choix, c’est plutôt comme une évidence et provient du simple fait que je n’ai pas trouvé de réponses à mes questions là où le hasard m’a fait naitre.
    J’écrivais:
    « Peut-être est-ce cela que je retiendrais aussi au sujet du voyage : pour qu’il reste un chemin de vie, qu’il continue à nous nourrir l’âme et l’esprit, on se doit peut-être de réinventer nos approches de voyageurs, d’être créatif dans nos expériences et les angles abordés. Mais cela, encore une fois, ne vaut que si c’est l’intérieur des mondes que l’on cherche au travers de nos voyages. »

    Et finalement cette réflexion vaut pour chaque être, chaque existence, même sédentaire.
    Quelle profondeur cherchons-nous dans nos relations, dans nos actes, dans nos vies ?

    Dans un monde hyperconnecté ou l’instantanéité et l’individualité (le selfie en est le meilleur ambassadeur) sont devenues les règles, quels sens donner aux voyages pour ceux qui sont autre chose que des touristes, des professionnels de l’image ou du voyage, des suiveurs ou faiseurs de mode?

    Merci à ton article qui invite à se poser les questions, car peut-être que ce qui manque à notre époque, ce sont des pauses pour la réflexion, des moments où relever le nez du guidon et regarder vers l’horizon, puis tout autour en se demandant : « Qui sont ces personnes ? Où allons-nous ? Pour quoi faisons-nous cela ? Est-ce le bon chemin que nous empruntons là ? »
    Et de se souvenir que l’existence n’a que le sens qu’on lui donne.

    Merci pour ton partage d’idées.

  3. Presti

    Moi je pense que le voyage peut aussi se faire sans km… Je m’explique;pour moi voyage…rime avec conquérir,se reconquérir …c’est l’écoute acerbe de son intuition …jouer avec ses sens pour se recentrer…c’est se permettre de se connecter plus …loin du quotidien (et des obligations),à travers la rencontre à soi-même et à l’autre !le voyage exacerbe l’équilibre intérieur…voyager,s’ouvrir à l’instant présent,interpréter les signes…comme une chase au trésor et le trésor c’est soi,mieux tu te connais moins tu as peut,plus tu accueilles ,plus tu reçois…le voyage permet une connexion à l’organique,sans elle aucun équilibre n’est possible…c’est s’enrichir des parfums d’ailleurs,plus je me sens en équilibre(équi…libre)plus je suis capable de me donner,ensuite à mon entourage etc,j’ai donc l’impression que c’est un devoir citoyen …se connaître …a travers ,l’expérience,la rencontre,le mouvement,la vie du coup est un voyage…

  4. Tiphanya

    Je repasse ici car je viens de finir « le grand marin ». J’ai adoré la première partie, le vent de liberté, la force/la possibilité d’être soi même dans un monde d’homme. Mais la seconde partie ne m’a pas plu du tout. J’ai eu beaucoup de mal à finir, l’impression d’être englué dans un monde sans issu, sans possibilité, une boucle sans fin.
    Je ne m’attendais pas du toute à cette deuxième partie.
    Tiphanya Article récent Club lecture : AsieMy Profile

    1. LaurenceV

      Je suis d’accord avec toi que l’on ressent ce sentiment d’être englué dans ce monde sans issue dans la deuxième partie… Et je trouve cela bien fait… Parfois un peu (ou beaucoup) désespérant mais puissant… C’est un monde très dur ! Et les pêcheurs, les hommes de la mer, sont des prisonniers volontaires de cette mer. Ils ne savent faire autrement. C’est leur vie. Et souvent une boucle sans fin. Parce qu’il y le sentiment de liberté et de vie intense que l’on retrouve en mer.

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